Gabrielle n’entendit pas la première phrase que prononça Turàndir ? A vrai dire, elle ne l’écouta même pas. Recroqueviller sur elle-même, plus rien n’exister autour d’elle. Rien, si ce n’est elle-même. Elle voulait être seul, totalement seul.
Une voix perça l’obscurité dans laquelle elle s’était enfermée. Une voix ferme, qui semblait lui reprocher quelque chose. Celle de l’homme qui l’avait aider. Gabrielle ouvrit les yeux qu’elle avait fermées pour arrêtées de pleurer et dans le même temps, en se fiant entièrement à son instinct, elle repoussa brutalement Turàndir et se mit à fuir.
Le même sentiment de peur qui l’avait saisie avec la reine de elfes bouillonnait en elle. Gabrielle était devenue comme un animal blasé, terrifié, qui ne pense qu’a une chose : fuir, sans s’arrêter. Et oublier toutes les douleurs, les souffrances connues jusqu’alors. Telle était l’état de Gabrielle.
Lorsqu’elle se sentit en sécurité, loin de tout danger, la jeune fille s’arrête. Comme la fois précédente, elle n’était pas fatiguée. Elle s’était juste libéré du trop plein d’émotion en elle.
Gabrielle regarda autour d’elle. La jeune fille était retourné à son point de départ, c’est à dire la grange ou elle avait décidé d’élire domicile pour la durée de son séjour à Tari. Mais elle n’avait plus envie de rester dans cette ville.
Comme toujours, à peine arrivée, elle ressentait le besoin de se mettre en route. Peut-être était-ce pour oublier qu’elle avait ce besoin permanent d’être occupé… Alors comme les toujours, elle prit le chemin sortant de la ville pour une nouvelle fois retomber en errance.
Un peu à l’écart de Tari, Gabrielle aperçue une grande bâtisse. Par simple curiosité, elle s’approcha de l’endroit en question. Des voix retentissaient de la porte entrouverte laissant échappée un filet de lumière tamisée. La jeune fille jeta un coup d’œil par l’ouverture laissé par la porte et retint un cri de surprise. Elle avait reconnu les elfes noirs rencontrés dans l’une des rues de Tari. Mais il en manquait un. Celui qui semblait être leur chef.
Osant à peine respirer, Gabrielle resta pétrifié devant la porte du repaire des bandits.
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Sujet: Re: Le chien de la Horde Ven 4 Jan - 14:31
Valiass regardait les rats s'agiter autour de lui. Non, pas de tentative de libération cette fois, ce n'étaient plus des lianes mais des chaînes qui le gardait plaqué contre cette grosse poutre. Le garçon réfléchissait lentement. Il était le gentil toutou qui exécutait les quatres volontés de ses maîtres pour ne pas être puni. Il était l'esclave qui devait supporter leurs sautes d'humeurs, leur envie de se détendre en frappant, leurs coups durs, leur humiliations... Pourtant cette vie, il l'avait voulu involontairement, c'était donc de sa faute. Son regard se leva jusqu'a la fenêtre. Pourtant, chaque coup qui lui était porté était maîtrisé. Surtout ceux de Reno, la malédiction le prouvait car Lord avait assuré que ce sort était destiné à faire souffrir, et non à tuer, sauf si la victime le fait elle même pour stopper la souffrance. Mais ça, Valiass ne voulait pas mourir, il voulait vivre pour connaître le pardon, il voulait vivre pour servir et avoir enfin la conscience tranquille. Quand est ce que ses maîtres lui annonceront que le pardon est arrivé ? L'Elfe bougea un peu son corps pour se caler un peu plus confortablement contre cette poutre. Il avait mal partout et saignait aux poignets. Des traces rouges parcouraient son corps, marquant les coups de fouets et de bâtons qu'il s'était pris récemment. Ses mouvements et gestes étaient limités, Valiass ne put donc pas se mettre plus à l'aise et était obligé de garder les mains attachées au dessus de sa tête. Aujourd'hui il venait d'assister à une nouvelle preuve concrète que ses maîtres tenaient à le garder. Pourtant il n'était pas aussi musclé et fier que les autres esclaves, il pouvait porter de lourdes charges par habitudes et sa minceur laissait croire qu'il était faible, mais il n'était pas non plus une force de la nature... Son vrai don résidait dans sa capacité en magie blanche, mais là encore cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas utilisé. Parfois il l'invoquait la nuit pour apaiser ses maux, ses douleurs, mais un jour que Galian faillit surprendre la lueur blanche, il décida de ne plus en faire usage. Si ses maîtres apprenaient son talent, ils le punieraient pour ne pas en avoir parlé et ils le forceraient à utiliser pour des tâches lourdes et peut être douloureuses. Etait ce de sa faute si son origine est blanche ? Valiass est et veut rester Elfe noir, tel est son éducation, sa façon de vivre et de voir les choses. Tous ce que lui ont inculqués ses maîtres, il les croît et les approuve pour être du même avis qu'eux. Ils le faisaient souffrir, l'Elfe blanc aimerait plus que tout les détester, les haïr, mais il n'arrivait pas à leur en vouloir. Aprés tout, tout était de sa faute, pas de la leur... Plus encore, il épprouvait un respect et une crainte effroyable auprés de son maître le plus puissant : Lord Reno. Même Galian était une limace à coté de cet homme sombre toujours habillé de grands habits rouges sangs. Il était effrayant, mystérieux, et il contrôllait chaque émotions, chaque sentiments de Valiass comme si ce dernier était un jouet, SON jouet.
Dehors, Galian retournait à la grande maison. Il allait faire deux où trois bricôles pour le chef puis il prendrait des restes de nourritures pour les donner à son 'esclave préféré". Son seul souffre douleur. En retournant dans la presque villa, il aperçut une petite silhouette enfantine regarder la bâtisse devant la porte. S'approchant avec plus de discrétion il reconnut de suite la gamine qui avait aidé le faible garçon.
- Qu'est ce que tu fous là ! T'aurais pas du venir ici, alors soit tu dégage, commença t-il en sortant une lame de son fourreau, soit je te règle ton compte maintenant.
Il lui laissait une chance car son chef pour lui donner des ordres, l'homme ne savait pas vraiment quoi faire. Et si Reno préférait s'en charger lui même ? Non, c'est une gamine. En tout cas il savait qu'elle ne deviendra pas leur esclave, cela ferait trop plaisir au morveux qui ne se sentira plus seul et qui verra son travail réduit de moitié...
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Sujet: Re: Le chien de la Horde Ven 4 Jan - 15:26
Turàndir lui était dans posté dans un buisson. Il ne savait pas ce que la fille faisait là. Il devait intervenir. D'après ce qu'il avait observé, l'homme en rouge n'était pas là, mais ils étaient trop dans la maison. L'esclave lui devait être dans la petit batisse à l'écart. Il devait agir en vitesse. Son plan était simple, et très idiot, il devait tirer avec son arc, et tuer l'homme qui était dehors. Il banda lentement son arc, observa la scène. Mais un petit rongeur lui tournait dans le buisson, il ne pouvait pas le faire sortir sous peine d'être démasqué. Dans un geste hâté, il donna un coup de bras à la vermine, mais son autre bras lâcha la corde. La flèche siffla, s'envola si haut qu'on ne la distinguait plus, et alla se planter aux pieds de l'homme. Alors, l'elfe blanc fit une roulade très rapide vers le buisson d'à côté, mais s'écrasa contre un tronc de chêne. Une nuée de glands en tomba.
C'était bon pour son compte, il était pris, les hommes devaient le repérer avec tout le bruit qu'il avait généré et l'avalanche de gland dans les buissons. De plus, la flèche plantée dans le sol voulait dire qu'il planifiait des les attaquer. Il allait surement finir comme l'autre esclave. Non, il ne devait pas s'arrêter à ça. Mais il ne pouvait pas fuir et laisser la jeune fille. Apparement, à l'intérieur, personne n'avait entendu, par contre, le maître de l'esclave semblait avoir entendu cet énorme fracas de fruits forestiers sur le sol. Il se faufila derrière l'arbre, banda à nouveau son arc rapidement et se mit à découvert. Cette fois, il avait endossé son habit normal, et ses cheveux n'étaient plus noirs, il aurait été impossible qu'ils le reconaissent en tant que l'elfe du marché. Il s'avança pas par pas vers la brute. Il la regardait en face.
- Vous relâchez cette demoiselle, lui ordonna-t-il, sans hurler pour ne pas réveiller les soupçons des types dans la maison.
Puis, il vit signe à la jeune fille de partir. Il ne voulait pas la mêler à ça. Il avait aussi envie de s'enfuir, mais ne voulait pas finir avec toutes les personnes qui étaient dans la maison aux trousses. La fille se serait fait rattrappé, et lui s'il n'avait pas de chance.
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Sujet: Re: Le chien de la Horde Ven 4 Jan - 15:49
Alors que ses yeux se fermaient doucement, il leva subitement la tête à l'entente du fracas dehors. Que se passait-il ? Valiass tira sur ses chaînes mais il ne put rien faire sauf se faire mal aux poignets. Il aurait aimé savoir ce qu'il y avait dehors, surtout que son maître venait de sortir, il était peut être donc là bas... Une maladresse ? Une agression ?
Galian avait tourné la tête vers la source du bruit, il toisa avec dédain l'homme qui bandait maintenant son arc sur lui. Ce n'était pas un Elfe noir, le chef avait raison. La brute tourna son épée vers son adversaire, espérant que celui qui lui faisait face ne sache pas viser.
- Vous êtes revenu le chercher ? Vol d'esclave, mauvais tout ça...
A ce moment la porte de la maison s'ouvrit à la volée, et l'alarme se déclencha aussitôt que l'ombre à l'intérieur ait aperçu le bras droit du boss menaçé. Des bruits de lames retentirent, des hommes sortirent de la maison mais Galian était toujours menaçé par la flèche pointée vers lui...
Il avait entendu l'alarme, il se passait quelque chose !
- Hm.. Hmmmf ! Aie...
L'Elfe baissa la tête, totalement impuissant devant ses chaînes. Il continuait de tirer pour tenter de se libérer, lorsque tout à coup il partit soudainement en avant pour s'esclaffer sur le sol. Comment avait-il pu briser ses chaînes ? La réponse lui vint aussitôt lorsque la silhouette prés de lui s'était abaissée pour enfoncer sa clef dans la serrure des menottes.
- Galian est en danger. Tu sais ce que tu as à faire esclave.
- Mais maître,
- Ne discute pas !
Reno envoya son poing dans le visage de son esclave qui se cogna la tête au sol puis il le releva brusquement, lui libérant les mains et les pieds. N'était-il pas censé être en réunion d'affaire ? Y était-il vraiment parti ? Lord poussa le garçon jusqu'à la porte et l'ouvrit pour le laisser sortir. Valiass mit un pied dehors pour voir son deuxième maître menaçé par l'arc de cet étranger, la fille était là aussi, ils avaient donc vraiment envi de le libérer...
- Arrêtez !
Il boîtait légèrement mais c'était le cadet de ses soucis. Il savait que quoiqu'il arrive il ne pourra pas être libéré, et il ne le voulait pas. Mais si en plus un des membres de la Hordes mourraient, c'était lui qui sera puni. Reno avait bien calculé, si les inconnus étaient venus libérer l'esclave, ils ne voudront surement pas le tuer, sinon, tant pis pour le garçon...
Valiass s'avança jusqu'a s'interposer entre l'arc et l'épée de son maître.
- T'en a mis un temps !
Galian lança un regard soulagé à son chef qui continuait de fixer l'eclave.
- Pardon maître...
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Sujet: Re: Le chien de la Horde Ven 4 Jan - 22:54
Turàndir était en mauvaise posture. La situation ne pouvait plus empirer. Il était en face des deux hommes qui ne semblaient pas avoir d'intentions pacifiques. De plus, l'esclave au milieu semblait servir de bouclier à ses deux maîtres. Il analysa rapidement la solution. Il ne pouvait pas fuir comme ça ... Il ne pouvait pas tirer sur l'esclave, ce serait immoral. Et il ne pouvait pas tuer les deux hommes. Il se tourna vers Gabrielle. Elle n'était plus là. C'est alors qu'un plan s'engrenagea rapidement dans les méandres des pensées de l'elfe. Il devait leur faire croire qu'elle était son esclave.
- Désolé, c'est cette gamine, c'est mon esclave, leur expliqua-t-il, mais elle s'enfuit tout le temps ... j'ai voulu le votre parce qu'elle a semblé s'y attacher, mais là, je la retrouve qui revient chez vous ! Elle va prendre une sacrée raclée j'vous le dis !
Puis, il regarda les deux hommes avec le même regard qu'ils avaient sur le marché. Un regard puissant et supérieur. Il regarda l'esclave, et lui grimaça au nez. Il lui cracha largement sur le visage. Puis, il se tourna et reprit la route vers le village. Ou du moins, il fit mine de la reprendre, puisqu'il s'arrêta, pour leur dire de dos :
- C'est que d'votre esclave, j'm'ne balance pas mal maintenant, continuez à le torturer, mais évitez de faire peur à la mienne ! Hahahaha !
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Sujet: Re: Le chien de la Horde Sam 5 Jan - 10:48
Ils s'étaient tous trompés... Etait ce donc un réel Elfe noir ? Reno leva la mainpour stopper tous gestes de Galian qui s'apprêtait à ordonner à ses hommes de le poursuivre.
- Qu'il ne revienne plus ici.
Le Lord regardait l'étranger avec la même haine que sur le marché, comme s'il n'était pas des leurs. Valiass quand à lui sentit un soulagement. Un crachat était tout de même plus préférable à une flèche dans le coeur. D'un revers de manche il s'essuya en grimaçant, c'était la première fois qu'il recevait un crachat d'une autre personne que ses maître. Quelques secondes plus tard les hommes rentrèrent dans le batîment, certains restant à l'extérieur, et Galian ramena l'esclave dans son taudis pour l'attacher de la même manière qu'il l'avait fait un peu avant.
Aucun ordre ne fut donné à son sujet, aucun coup ne lui fut porté cette fois, le garçon eut enfin un peu de répit. La nuit était déja arrivée, et il hésitait entre s'endormir pour relever le défi de tenir le lendemain, où se reposait les yeux éveillé afin de profiter de ce moment de tranquilité et d'apaiser ses douleurs...