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Le Monde de Meralyan vous ouvre les portes du destin
 
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 A l'ouest, dans les marchés.

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MessageSujet: Re: A l'ouest, dans les marchés.   Dim 9 Déc - 18:51

Ses doigts tripotaient machinalement un des fins rubans blancs qui s'échappaient de son habit. Tout comme Anastasia, Juliã n'avait pas répondu à la question d'Aléran'n. Que dire ? Qu'elle était chez elle en repos pour quelque jours et qu'elle allait bientôt repartir en guerre ?
Quand repartirait-elle d'aillleurs ? De grands capitaines faisaient appels à cette guerrière, et elle devait être sur un champ de bataille dans deux jours... Et elle continuait d'être une grande mercenaire, elle offrait toujours ses services de plus en plus demandés à sa nation. Elle ne disait également pas non à ce qu'on la connaisse, à ce que les gens parlent d'elle. Pourquoi ? Parce que son grand rêve était qu'un jour ses compétences parviennent aux oreilles de la reine des Elfes blancs. Qu'un jour ce soit la reine Astaria qui lui donne personnellement des ordres, qui lui demande des services et qui l'envoit en combat.

Elle aurait tant aimé que son nom parviennent à cette honorable reine, qu'elle rencontre et serve cette dernière... Elle savait qu'elle pourrait être à la hauteur, mais la dame savait qu'un jour ses efforts seront récompensés. Si elle voulait aider la reine Astaria, aider ses serviteurs étaient pour le moment la meilleure solution.

Le jeune homme dans la taverne s'était un peu reculé pour ne pas être gêné par la table, puis une mélodie s'échappait de sa mandoline. La dõna riva son regard pensif sur lui, trouvant le son agréable et l'ambiance qu'il dégageait sereine. L'aubergiste arriva ensuite en portant agilement les trois plats, Juliã la remercia généreusement et regarda sa soupe. Elle prit la cuillère à coté et commença à souffler légèrement sur son assiète pour dégager la fumée qui s'en échappait.

Alors qu'elle allait porter une gorggée à sa bouche, un jeune garçon s'approcha d'eux. Voyant Anastasia s'adresser à lui, la dõna reposa son couvert et regarda l'enfant se mettre à coté d'elle. Elle lui adressa un léger sourire en réponse de son timide bonjour et le regarda tendrement. Un enfant... Les enfants attendrissaient la dame, et elle aurait aimé fonder une famille. Seulement il lui manquait le grand amour, et elle ne pourra pas élever d'enfants si elle continuait d'être une guerrière.

Juliã s'était demandé pourquoi il avait dit qu'Anastasia pouvait leur faire confiance, pourquoi y'avait-il tant de gens méfiants ?
Il repartit ensuite. La mercenaire le regardait boîter, elle se mordit la lèvre. Que s'était-il passé ? Sur un adulte elle n'aurait pas cherché à savoir, mais sur cet enfant elle aurait tellement aimé connaître ses soucis pour l'aider, mais elle n'avait rien à lui offrir, et ne pouvait peut-être pas l'aider non plus.
N'osant demander à Anastasia pourquoi il était comme ça, la dõna lâcha en regardant toujours l'enfant partir.


-Quel age a-t-il ?
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MessageSujet: Re: A l'ouest, dans les marchés.   Dim 9 Déc - 21:17

Visiblement, la Dame avait été émue par le triste spectacle qu’offrait le petit. Les habitués n’avaient été que plus faciles à reconnaître, il s’agissait de ceux qui lui adressait un sourire comme on le fait à quelqu’un qui ne boîte ni ne se courbe. Ceux qui avait ce don d’ignorer la différence. La première fois, ça faisait toujours un peu peur, mal au cœur, ça donnait aussi un sentiment de culpabilité, d’impuissance… et même avec le temps, Anastasia n’avait pu s’ôter ce poids, cette désagréable impression de ne pouvoir rien faire de plus…

"Huit ans… mais ce qu’il a vécu l’a fait grandir… dans sa tête, surtout… il est beaucoup plus mûr que les humains de son âge…"

La jeune MacLeod était une elfe blanche à la peau claire, le petit était un humain à la peau foncée… la différence leur importait peu, ce qu’il y avait comme lien entre eux prévalait sur tous les préjugés que certains pourraient avoir…

Elle y repensa… encore… ce jour où ces chiens d’Elfes noirs l’avaient abattu… il n’y avait pas d’autre terme… c’était une exécution…

~ Flash-back :

Ils étaient venus jusque là, je m’en rappelle bien… Martha m’hébergeait, j’étais la seule cliente en ce mois de Septembre… Partout, les hommes se livraient à une guerre sans merci, mais je n’avais pas le droit d’ôter une vie… même celle d’un pourri… Je ne devais pas être sur le front… alors je me suis résolue à ne jamais attaquer mais toujours défendre… c’était tout ce que je pouvais faire… le seul moyen de ne pas me rendre inutile en ces temps de crise… moi… la MacLeod… J’en avais compté huit… le chiffre de la mort… un détachement de Drows sanguinaires venus piller, tuer, violer jusqu’au cœur des villages… ils me dégoûtaient… m’écœuraient… je les haïssais… Une auberge, forcément, ça attire, quand on veut se ravitailler… une proie facile… une mère esseulée avec son enfant… Pauvres petites choses qu’ils étaient…
"Là! Je les ai vus! Sortez-les de là!"
"Aïe! Vous me faîtes mal! Allez-vous faire voir, mon auberge n’aidera pas des tarés comme vous!"
"Oh mais c’est très vilain, ça…"
Je n’avais entendu que cela, depuis ma chambre mais j’observais, de derrière la petite porte, et analysais, calculais le bon moment pour intervenir… J’ai vu cette incarnation de la cruauté promener la lame de son épée sur le corps encore mince et attirant, surtout pour des bêtes dans leur genre, de Martha… C’est à ce moment là que Merem avait foncé dans le chef de détachement. Le bruit de son pauvre petit crâne cognant contre l’armure résonne encore dans ma mémoire… cet acte si follement désespéré malgré l’ordre de sa mère de rester à couvert…
"Ne la touche pas!"
"Merem! NON!"
"Ohoh! Mais regardez-moi qui voilà…"
Il y eut des rires mauvais, hargneux, moqueurs…
"C’est donc toi, l’homme de la maison… l’homme à craindre…"
"Merem! Sauve-toi!"
"Ne vous approchez pas d’elle!"
"Je prends ça pour un "oui"… tu sais ce qu’on leur fait, aux hommes, nous?"
Il claqua des doigts… et ils s’approchèrent… les coups pleuvaient, ils le battaient à mort ainsi que Martha qui le défendait ou le protégeait de tout son être. C’est à ce moment que je suis intervenue… j’en avais trop vu… Je sortis mon épée et coupai quelques mains pour ne plus les voir pleuvoir sur les corps déjà inertes de mes deux hôtes… Je les défendis ainsi jusqu’à l’aube… Seule contre huit hommes… Martha se releva vers trois heures du matin et continua à se battre pour son fils… Elle en acheva six, je me refusais à les assassiner… comment deviner qu’une femme aussi joviale et enjouée avait autant de sang sur les mains? Les humains sont plus sentimentaux que les elfes… pour eux, tuer quelqu’un est plus difficile, moralement… Les deux derniers se sauvèrent… Elle était exténuée mais animée d’une telle rage qu’elle s’acharna encore et encore sur les corps des elfes noirs restés à terre… Je la relevai, essuyai ses larmes de rage et ramassai son fils. Je le portai jusqu’à la chambre la plus proche et l’allongeai sur un lit. Je suis restée des mois à son chevet… usant et abusant de tout mon savoir, de tout l’héritage que j’avais reçu de mon clan… Je me servis même de cette science occulte que j’avais apprise dans le secret… Martha se tairait à jamais… Je ne dormais que par plage d’une heure ou deux… toute la journée… nous nous sommes ainsi relayées… dès qu’un événement se produisait, elle me réveillait… une toux, un mouvement d’auriculaire… tout… Les blessures du petit étaient profondes… des œdèmes, des fractures… tout son corps y était passé… le pire fut sa colonne vertébrale… on ne pouvait décompter le nombre de fêlures dans ses vertèbres… Ses plaies finirent par se refermer, ses os par se ressouder… mais, quand il rouvrit les yeux… il ne marchait plus… il est resté alité des semaines… J’avais perdu tout espoir de le revoir debout un jour… mais il était plus fort que moi… il se redressa… sur les coudes, puis sur les mains et s’assit enfin… sa mère et moi avons enchaîné les exercices de kinésithérapie… nous mobilisions de nouveau ses muscles selon son propre désir… et un jour… il se releva et rejoignit sa mère, en bas, à l’auberge… Je me rappelle l’avoir vue pleurer et si je n’avais pas été endurcie par la vie, je crois que j’en aurais fait de même. Il tomba dans ses bras. Martha le soutint jusqu’à moi. Depuis, mes visites se firent plus espacées, je devais le voir aujourd’hui, je le lui avais promis. Ce petit imprévu au marché ne me détournerait pas de ma mission. Et venir seule ou accompagnée n’était pas mentionné dans le contrat…

Fin du Flash-back ~

Anastasia soupira et une main posée sur son épaule la sortit de son rêve.

"Mange, ça va être froid."

"Je suis une écorchée vive, Martha… j’arrive à être impassible et enragée à la fois… je ne sais pas comment je fais…"

"Ahah! Tu fais partie des énigmes de ce monde, ma belle!"

"Ca doit être ça…"

Elle n’osa pas aborder le sujet mais Martha avait très bien compris ce qui bouillait à l’intérieur de son amie. Une pression sur l’épaule lui intima l’ordre de porter le bout de volaille et les légumes qui se trouvaient devant elle à sa bouche. Le temps avait beau être passé, l’intensité de ces moments restait la même...
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MessageSujet: Re: A l'ouest, dans les marchés.   Jeu 13 Déc - 19:51

Aléran'n avait continué de jouer de la musique jusqu'à ce que Martha leur serve leur assiette. Il la remercia avec un immense sourire, et dégusta chaque bouchée de ce délicieux plat. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas mangé chaud, et c'éatit un vrai régal. Lorsqu'il était seul, il se trouvait des baies, parfois des champignons, des fruits de saison... Il n'aimait pas tuer pour se nourrir. Et en ce moment, il avait l'impression que tout ce qu'il mangeait été glacé. Ca lui était déjà arrivé dans le passé. Quand il utilisait beaucoup sa magie. Il en avait déduit que c'était un effet secondaire de sa malédiction...

Il savourait ce qu'il avait dans son assiette, lorsqu'il vit arriver un petit garçon, l'air tout timide. Il remarqua aussitôt qu'il boitait, mais il ne dit rien. Le gamin s'approcha de la table lorsqu'Anastasia lui fit un signe discret. Il se plaça entre les deux dames, et Aléran'n lui fit un grand sourire. Il aimait beaucoup les enfants. Quand il faisait le tour des villages en tant que barde, il aimait bien user de sa magie pour faire rire les enfants. C'était toujours la même joie qu'il voyait au fond de leur yeux. Au fond, c'était l'une des choses qui le poussait à apprécier son don.

Le barde fit attention au échange de regard. Anastasia était vraiment fière de ce petit bonhomme, Julia était complétement attendrie, quant à l'enfant, il n'avait d'yeux que pour les deux femmes. Un léger regard en sa direction lui appris ce qu'il avait cru deviner : le garçon se méfiait de lui. Aléran'n écouta silencieusement l'échange, et ne pus se retenir de sourire lorsque Merem dit à Anastasia qu'elle pouvait leur faire confiance. Il ressemblait à un enfant que le magicien avait connu pendant peu de temps. Un futur Prophète sans doute. Il parlait avec un tel sérieux, assez déroutant pour quelqu'un d'aussi jeune...

Il regarda l'enfant s'éloigner... Il avait à peine 8 ans, mais comme le disait Anastasia, il devait avoir plus de courage que certain guerrier, et même plus de chose dure dans son passé...

La dame était plongée dans ses pensées. Aléran'n sentit sa colère, sa haine même. Et bizarrement, elle était assez communicative. Son poing se serra, et sa magie manqua de se montrer... Il se concentra énormément pour fermer son esprit et retrouver son calme. Mais Anastasia sembla elle-même s'être calmée, ce fut donc plus facile pour lui.


_ Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais ce gamin a dû en voir de toutes les couleurs.

Son excés de rage se refit sentir. D'habitude, il n'était pas de nature colérique. Certain aurait dit de lui qu'il était même toujours "zen". Mais là, un poids lui pesait sur le torse. Il tenta de respirer lentement, le tout en restant discret, mais sa cicatrice recommença à le brûler. Il posa sa main dessus, se retenant tant bien que mal de ne pas utiliser la magie pour soulager la douleur... Il avait déjà essayé, et ça ne lui avait pas laissé de bon souvenir.... La mâchoire crispée, il retira sa main, et fit comme si de rien était. Il tenta de se laisser gagner par la bonne ambiance, mais le charme de cette auberge était comme rompu...
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MessageSujet: Re: A l'ouest, dans les marchés.   Ven 14 Déc - 17:48

~~~Un homme attentif, affectueux, amoureux... Un fils agé d'une trentaine d'année, veillant tendrement sur sa petite soeur d'une dizaine d'année. Juliã était parmis eux, elle en était la mère. Chaque repas ils le passaient ensemble. Chaque mercredi était jour de marché ensemble, chaque veillée ils faisaient des petits jeux ensemble...~~~

~~~ Un petit être respirant faiblement mais à rythme régulier dans ses bras. Elle approche ses lèvres, l'embrasse sur le front, sur son doux et fins début de chevelure, sur ses petites oreilles pointues. Elle le berce, la tête de cet enfant, SON enfant, calée contre son coeur. Elle chantonne pour l'apaiser, le protège et lui offre tout son amour...~~~

Tels étaient les rêves que faisait parfois la dõna. Chaque enfant qu'elle voyait l'obliger à y repenser, et elle sentait l'envie d'avoir une famille monter en elle. Un enfant... Mais ce rêve, était-il plus fort que celui de servir la princesse Astaria ? Il était tout autre, et la femme savait qu'ils étaient incohérents.

Elle revint à la discussion entre elle et Anastasia. Cette dernière parla du jeune garçon, et la guèrrière ne put s'empêcher d'afficher un air peiné, compatif. Huit ans... On voyait dans son regard qu'il avait du souffrir, mais elle ne pouvait rien voir d'autre, ravagée comme un sentiment de culpabilité. Ce sentiment qui lui disait que si elle exercait encore mieux son travail, si elle s'en prenait à TOUS les brigands, cela ne serait pas arrivé. C'est idiot bien sûr, Juliã n'était pas une héroïne et ne se considérait pas comme telle, mais elle aurait voulu faire quelque chose...
Alors qu'elle allait répondre à sa nouvelle amie, l'homme à coté se crispa soudainement. Le fixant de ses yeux clairs, elle reposa doucement sa cuillère pour pencher la tête sur le coté en fronçant les sourcils.
Aléran'n semblait tendu, regardant l'enfant. Peut être était-il mal à l'aise ? Etait-il malade ? Blessé ? Ou tout simplement avait-il envi de pleurer suite à ses paroles ?

La donã voulut lui demander ce qui n'allait pas, mais elle ne put s'empêcher de regarder dans la direction de l'enfant. L'observant, elle jeta un bref coup d'oeil vers Anastasia comme pour lui demander l'autorisation de ce qu'elle allait faire et se leva doucement sans vraiment attendre de réponse.


-Hey, joven² Sénõr...

Elle se tut et s'approcha silencieusement vers l'enfant. n'exerçant aucun geste brusque qui pourrait selon elle effrayer le garçon, elle s'accroupit devant lui une fois à sa hauteur et se positiona de façon à ce que sa mère la voit.
Prenant une voix qu'elle voulait tendre, elle ajouta en parlant assez fort pour que Martha l'entende aussi.


-Yé sais qué nous né nous connaissons pas, peut être né me fais tou pas confiance non plus.

Elle hésita, puis posa sa main sur l'épaule de l'enfant.

-Mais est ce que ça té dirait dé faire oun petit tour en caballo²² ? El miens est tout blanc, avec oune belle crinière. Mais yé te tiendrais bien soûr.

Elle resta accroupie, un genou par terre. Retirant sa main pour laisser l'enfant répondre, elle rectifia sa phrase avant qu'il ne lui pose la question.

-Euh oun caballo, c'est oun ché...commença t-elle la main sous le menton en signe de réflexion, oun chéval, si, oun chéval.

Juliã adressa ensuite un sourire à l'enfant, elle commençait à se sentir à l'aise. Son regard se posa ensuite sur la mère, si le garçon était d'accord, il fallait que Martha le veuille aussi...
La mercenaire avait bien sûr l'intention de la rassurer si la femme n'était pas convaincue. Elle avait des couverture sur sa selle pour que le petit soit plus à l'aise, elle pourrait se mettre derrière lui pour le tenir ou bien à coté pour le laisser seul avec la haras. Et puis elle avait entièrement confiance en Sylva pour que cette dernière ne fasse pas de geste brusque envers le garçon.



[²=jeune
²²=cheval]
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MessageSujet: Re: A l'ouest, dans les marchés.   Ven 4 Jan - 13:58

[HRP : Je suis vraiment désolée de vous avoir fait attendre tout ce temps... Embarassed Bonne Année! Very Happy ]



Elle l’avait vu poser sa main sur son torse… elle avait senti cette sombre force qui gangrenait peu à peu le corps du jeune homme… après tout… elle aussi était un peu maudite… elle avait souffert de ce qu’on avait fait à son Clan mais elle s’était relevée… Alearn’n avait visiblement besoin d’un médecin mais elle se tut… ce n’était pas à la magie elfique ni aux sciences d’éradiquer ce mal… L’Alchimie… le savoir des MacLeods… le terrain sur lequel personne ne pouvait le battre… non… pas ici… et puis c’était dangereux… il n’était quand même pas à l’article de la mort. Elle n’avait pas croisé son regard mais ce "détail" ne lui avait pas échappé. Pendant une seconde, elle avait effleuré le secret du jeune homme. Mais elle devait se taire. Comme elle le faisait depuis des années. S’il n’avait rien dit, c’est qu’il souhaitait la discrétion plus que tout au monde… et elle était bien placée pour le comprendre… Lorsque ce dernier avait laissé passé le sentiment qui l’envahissait depuis l’arrivée de Meriem, elle avait mis un certain temps avant de lui répondre.

"Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais ce gamin a du en voir de toutes les couleurs."

Que fallait-il dire…? Raconter son histoire ou laisser sa phrase en suspens…

"Il s’est battu comme un homme… contre des bêtes sauvages…"

Martha essuyait des verres de l’autre côté du bar. Avec le brouhaha ambiant, elle n’avait pu entendre un traître mot de la conversation entre les trois attablés mais se doutait très fortement du sujet. Elle se demanda si elle devait les rejoindre ou laisser Anastasia lever partiellement le voile. Elle resta à sa place. A chaque fois qu’elle voyait son fils, à chaque fois qu’elle pensait à lui, à chaque fois qu’elle était dans cette maison, elle y pensait… tout le temps… sans répit, cette image se propageait de ses souvenirs à son âme…

Julia venait de s’approcher de Meriem. Les mouvements de l’aubergiste ralentirent et elle prêta l’oreille à ce qu’elle lui proposait. Ils étaient plus près. Une balade à cheval… Cette fois, c’en était trop… elle s’approcha. Dominant de toute sa hauteur la jeune femme accroupie près de Meriem, elle s’adressa à elle.

"D’habitude, il voyage grâce aux aventures que lui raconte le vieux Zoldan (elle désigna du menton un vieux loup de mer accoudé au zinc). Il le fait s’évader grâce à son passé de pirate, d’escroc des mers, mais toujours avec élégance (elle avait exagéré les derniers mots pour prendre le ton précieux d’un gentleman, celui là même qu’employait Zoldan pour prononcer "toujours avec élégance"… sa façon à lui de s’excuser de ses termes de marins un peu brute…). Il exagère toujours un peu le nombre de rivaux lors d’une chasse au trésor mais il n’est pas méchant. C’est le seul moyen que le p’tiot à pour penser à autre chose qu’à l’Auberge… et tous les fantômes qui la hante… (elle fait cette précision dans un souffle, comme si elle avait espéré que personne ne l’entende) Tu m’as tout l’air d’une excellente cavalière… J’te fais confiance pour bien le traiter… mais attends que l’orage soit passé…"

Meriem s’était blottit contre la jupe de sa mère. Il était timide mais dans ses yeux brûlait le feu d’une aventure dont lui seul serait le héros et dont la fée adjuvante serait Julia. Anastasia lui avait adressé un signe de gratitude d’un battement de paupière et avait porté le bleu de ses yeux sur Meriem, qui semblait excité mais incapable de l’exprimer, avant de le poser sur Martha, trop fière pour s’avouer émue.

Dehors, la tempête faisait rage. Les branches battaient les fenêtres dans un bruit trop faible pour couvrir celui de l’auberge mais très stressant quand on y prêtait attention. Elle continua à manger dans l’ambiance qui lui plaisait tant. A la fois intimiste et secrète. Meriem était un peu le petit frère de tous les habitués et Martha leur mère mais quand secret il se disait jamais répété il n’était.
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MessageSujet: Re: A l'ouest, dans les marchés.   Ven 4 Jan - 14:53

Elle se doutait bien que la mère y mettrait son propre mot, c'était logique et normal, mais la doña ne s'attendait pas à se sentir imposée par l'allure de Martha. Elle laissa un petit sentiment de gêne faire surface en écoutant les paroles de l'aubergiste puis adressa un petit sourire au garçon lorsque sa mère lui donna son accord.
La mercenaire regarda Anastasia et put aperçevoir que celle-çi ne semblait pas mécontente. Dehors, la pluie tambourinait toujours sur les carreaux de l'auberge et les coups de tonnerre retentissaient parfois lorsqu'on ne s'y attendait pas.
Juliã posa son regard presque angélique en cet instant sur le petit qui semblait bien timide à se blottir contre sa mère. Cette scène arracha un sourire de tendresse et elle s'adressa à lui d'une voix non plus exagérément douce, mais naturelle.


- Elle s'appelle Sylva y elle est muy douce. Elle comprend aussi lé language qué nous utilisons.

Elle se releva ensuite pour adresser un nouveau sourire à la mère et dévoiler ses dents alignées et blanches.

- Vous pouvez vénir vous aussi, oune fois qué la plouie aura cessé de verser ses larmes.

Juliã se tourna ensuite vers la table où sa soupe l'attendait toujours. Elle s'assit à sa chaise, satisfaite et fière d'elle. Ses jours de repos s'avéraient maintenant beaucoup plus gai et plaisants, dommage que dans deux jours elle doive repartir en mission...
Portant la cuillère à sa bouche elle savoura avec grand plaisir la bonne soupe qui réchauffait agréablement son corps.
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MessageSujet: Re: A l'ouest, dans les marchés.   Jeu 10 Jan - 21:39

Aléran'n s'était un peu calmé. Il avait suivit la conversation, cherchant surtout à se changer les idées. Il aimait beaucoup l'accent de Julia. Il lui rappelait les terres lointaines où il l'avait déjà entendu. Il ne manqua rien des échanges de paroles qui eurent lieu.

La pluie qui frappait sur les carreaux attira son attention. Il était au sec, avait mangé un excellent repas, et était accompagné par deux ravissantes femmes. Pourquoi ne pas profiter tout simplement de la journée. La pluie ne semblait pas vouloir s'arrêter.

Il n'était pas d'humeur bavarde. Mais il avait quand même envie de faire plaisir à l'aubergiste. Après tout, elle lui avait offert un délicieux repas. Il vida un verre d'eau et reprit de nouveau sa mandoline. Il chercha un instant ce qu'il aurait pu jouer. Rien ne lui vint à l'esprit... Il garda son instrument dans ses bras, attendant que l'inspiration lui vienne.


_ Je souhaiterais vous faire plaisir mesdames, mais rien ne me vient... Si vous désirez entendre un air je vous le jouerez, si je le connais bien sur.

Il regarda les deux Dames, et jette aussi un coup d'oeil vers Martha et Merem. S'il pouvait les distriare eux aussi, il en serais ravi. Il ne pouvait rien faire de plus de toute façon...

Plus que quatre jour avant la pleine lune. Il devait s'écarter de cette ville. Il se promit de partir le lendemain, pluie ou non.
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A l'ouest, dans les marchés.

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